Contexte

Une estimation indépendante porte à quelque 600 000 le nombre de personnes revendiquant une origine chinoise en France, soit environ un quart des 2,5 millions de Chinois de la diaspora installés en Europe (Poston & Wong 2016). Pour une part, il s’agit d’immigrants (et aujourd’hui surtout de leurs descendants) arrivés pendant la 1ère guerre mondiale ou qui ont quitté la Chine dans les années 1950 pour s’installer en Indochine française – dont environ 150 000 ont fui les régimes communistes du Vietnam et du Cambodge dans les années 1970 pour s’installer en France. Ces immigrants et leurs descendants, parce qu’ils n’ont pas (ou plus) la nationalité chinoise et ne sont, pour partie, pas nés en Chine, sont indécelables dans la statistique française. Les autres sont majoritairement d’installation plus récente, arrivés surtout à partir des années 1980. Migrants économiques pour la plupart, ils sont principalement originaires du sud-est de la Chine (en particulier de la région de Wenzhou, au Zhejiang, ou du Guangdong), du Dongbei, dans le nord-est, ou des grandes métropoles chinoises.

Le recensement français de 2015 enregistre quelque 100 000 individus nés en Chine et/ou de nationalité chinoise, auxquels s’ajoutent environ 25 000 individus, nés en Chine ou en France, ayant acquis la nationalité française mais dont la nationalité à la naissance était chinoise. Le recensement ne donnerait donc qu’une vision partielle de la présence chinoise en France.  Des estimations indépendantes font en effet état de chiffres beaucoup plus élevés : les immigrants originaires de la seule région de Wenzhou seraient aujourd’hui plus de 110 000 à Paris (Li 2017) et autour de 250 000 en France (Béraha 2014) ; par ailleurs,  environ 50 000 Chinois et Chinoises seraient en situation administrative illégale (Lucchini 2012).